Patriotes ! La France a besoin de nous !

Gaulliste, je commencerais par dire que chaque soirée d’élection présidentielle est une grande soirée.

Félicitation à Emmanuel Macron réélu et félicitation à Marine Le Pen qui a fait un très bon résultat.

Dans l’entre-deux-tours, nous avons assisté à une véritable défection de l’âme démocratique : amalgames grossiers sur la soi-disante candidate d’extrème droite, politique facile plutôt que débat projet contre projet et atmosphère de militantisme en faveur d’Emmanuel Macron dans la quasi-totalité des médias d’information plutôt que neutralité et information.

La réélection du président sortant précipite la France au bord du gouffre. Il faudra la force de tous les patriotes pour qu’elle n’y tombe pas.

Si l’on additionne les résultats des candidats, qu’ils soient de gauche ou de droite, favorables au souverainisme, le premier tour a placé en tête ceux qui croient que la France a une destinée particulière.

Au deuxième tour, Emmanuel Macron a bénéficié du report de voix de ceux pour qui, après des années d’identité militante, il était trop dur de dépasser les clivages pour voter Marine Le Pen et de ceux à qui, pour des raisons diverses, la candidate fait encore peur.

C’est bien dommage ! Mais ce n’est pas une fatalité. Dans l’intérêt de la France, le devoir ne nous incombe-t-il pas de dépasser, dans un sens comme dans l’autre, ce clivage ? Par exemple, personnellement, si Jean-Luc Mélenchon avait été au deuxième tour, j’aurais voté pour lui.

Et je crois que Marine Le Pen et le RN auront, indéniablement, encore à travailler à l’ouverture de leur parti.

La réélection du président sortant précipite la France au bord du gouffre. Nous le voyons déjà.

Quelques jours à peine après la tribune de plusieurs dirigeants européens dans le Monde, l’Allemagne accueille sur la base américaine de Ramstein, une réunion sur la crise ukrainienne.

C’est un coup de poignard dans le dos de la France, dans le dos de l’Europe. Un contresens complet avec le souhait d’une autonomie européenne, le développement d’une autre voie.

Quinze années d’alignement ont considérablement affaibli notre pays et l’Europe.

L’Europe marche sur des œufs, entre d’un côté l’hégémonie américaine qui met à mal son rêve d’autonomie et de l’autre un dialogue avec la Russie rendu très difficile par l’horreur de la guerre.

N’abandonnons pas !

Je suis plus qu’admiratif de Volodymyr Zelensky qui, avec courage et ténacité, lutte pour son peuple et son pays et je ne sais pas si je peux mesurer toute la détresse et la douleur du peuple ukrainien mais je me pose des questions sur le sens des appels de Zelensky : il n’a de cesse d’en appeler aux Etats-Unis alors qu’il souhaite un rapprochement avec l’Europe.

Je pense que dialogue diplomatique et soutient à l’Ukraine ne sont pas incompatible.

Un dernier point. Par ce nouveau quinquennat, Emmanuel Macron porte une responsabilité terrible : celle de ne pas provoquer la défiance définitive des Français à l’égard de la politique, des politiques et des institutions. Le mépris, les formules blessantes, les mensonges, la confiscation de la démocratie (exercice solitaire du pouvoir, non recours au référendum…) ne sont plus possibles.

Je pense que les médias portent aussi une responsabilité. Doit-on s’étonner de la défiance des Français envers eux après ce que l’on a vu dans l’entre-deux-tours et pendant la crise du Covid-19 ? Peux-t-on encore parler d’une presse libre lorsqu’elle relaye la pensée unique ?

Patriotes ! La France et les Français ont besoin de nous !

Jean-François Bongrand