Le vent du peuple

Françaises, Français, votre vote est beau, vous avez élu une assemblée qui vous ressemble, une assemblée qui vous assemble.

 

N’en déplaise au président de la République et au gouvernement qui, avant ou après les élections, se sont livrés à de funestes manipulations, chantage, ultimatum qui n’ont pas su tromper les adultes que vous êtes ni vos représentants.

 

Dans son adresse aux Français du 22 juin, j’ai trouvé le président très centré sur lui-même. Il commence par parler de sa réélection avant même de considérer le message fort du dernier scrutin. Considération qu’il n’aura d’ailleurs pas plus loin, se déresponsabilisant et usant d’un chantage grossier envers les représentants des oppositions.

 

C’est parce qu’Emmanuel Macron ne sait pas sentir le vent du peuple ni ne « peut le sentir ».

 

Pourtant, ce vent est instructif, positif même, dirais-je.

 

Enfin, l’assemblée nationale est représentative ; enfin, par votre vote, l’autre, qui pense différemment, a le droit d’exister. N’est-ce pas là le préalable à tout débat constructif ?

 

Ce vote va avoir un effet positif considérable pour la démocratie.

 

Très positif également, la forte représentation des souverainistes de gauche et de droite. Les combats qu’ils mèneront préserveront la nation indépendante et son identité au service des autres nations, renforceront la justice sociale et rendront à l’Europe son humanité.

 

Le souverainisme porte une alternative heureuse parce qu’il encourage les nations à approfondir leur vocation, protège l’environnement, les entreprises et les travailleurs par la relocalisation, les circuits courts... là où les excès du libre échange entraînent la délocalisation, engendrent de la pollution et détruisent les entreprises et les travailleurs.

 

Lorsqu’elle n’abdique pas devant les puissances financières, une politique plus souverainiste, plus alternative conduit à un monde meilleur, plus juste et plus fraternel.

 

L’abstention a encore été très élevé à cette élection.

Pour une petite partie, c’est un choix politique, que je respecte, car je crois que d’autres modes d’organisation de la société sont possibles.

Pour une plus grande partie, c’est un désintérêt du fait politique ou un intérêt pour d’autres formes d’engagements qui résultent d’une démocratie représentative assez hermétique, de politiques qui ont du mal à se remettre en question (par exemple, l’adresse aux Français d’Emmanuel Macron), ou de la manière de faire de la politique (manœuvres, manipulations, mensonges, trahison du vote…).

 

Comment intéresser lorsque l’on ne porte pas d’intérêt à l’autre ? Je veux dire par là, comment la démocratie représentative peut-elle s’attendre à susciter de l’intérêt si elle ne s’intéresse pas à l’engouement d’un nombre important de personnes pour d’autres formes d’engagements ?

 

Pour conclure, un vent électoral qui n’a pas donné de majorité absolue au président et qui donne des perspectives nouvelles à la démocratie, un vent d’abstention qui invite à se remettre en question (il ne s'agit pas de culpabilisation), à s’intéresser à l’autre et à donner de la valeur à l’engouement d’un nombre important de Français pour d’autres formes d’engagements.

 

Jean-François Bongrand