Mon corps m'appartient
Comme beaucoup de Français je l’imagine, j’ai regardé l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron du 12 juillet.
Bien que solennelle, je l’ai trouvée très violente.
Les nouvelles restrictions annoncées par le président de la République sont inhumaines et lâches. Lâches, parce que l’extension du passe sanitaire aux différents lieux publics de la vie quotidienne est, en fait, une vaccination obligatoire déguisée. Inhumaines car, qui peut approuver le fait que le président cautionne que des millions de Français vont être maltraités et subir des privations parce qu’ils souhaitent, librement, ne pas être vaccinés ?
Nous assistons à une dérive grave qui devient une dérive sociétale. Les non-vaccinés sont montrés du doigt, une étiquette leur est collée : celle d’ « anti vaccs », ils sont comparés à des complotistes, des propos haineux naissent et des personnes se targuent de vouloir pourrir la vie des non-vaccinés.
Pourtant, les personnes qui ne souhaitent pas être vaccinées (pour des raisons qui leur appartiennent), ne sont pas forcément contre la vaccination ou la médecine.
Ces annonces créent des distinctions entre citoyens et sèment la division, ce n’est plus « Tenir ensemble » mais « Tenir divisés ».
L’article 1er de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », n’est plus d’actualité.
A l’article 4, il est écrit : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. »
A aucun moment, les personnes qui ne souhaitent pas être vaccinées, nuisent à celles qui le souhaitent puisque ces dernières ont la liberté de se faire vacciner et d’être protégées.
Par contre, la vaccination obligatoire et l’extension du passe sanitaire portent atteinte au droit à la liberté des personnes ne souhaitant pas être vaccinées.
Je suis aussi choqué par le fait que les chiffres du nombre de prises de rendez-vous sur « Doctolib » tournent en boucle dans les médias.
Le président de la République et le gouvernement utilisent le levier de la peur et du chantage pour des questions qui touchent à la conscience et au corps des personnes : pas de vaccination, pas de rémunération. C’est d’une violence inouïe ! Ce ne sont pas des graines de confiance et de liberté qui viennent d’être semées mais de peur, et par millions ! Cela va avoir une répercussion sur l’estime de soi des Français à court, moyen et long terme et donc sur la nation.
Je ne suis pas « pro-punition », la punition est basée sur la peur et ne mène à rien. Elle enferme la personne dans la culpabilité, sans aucun moyen d’en sortir. « Moi non plus, je ne te condamne pas » (Jean 8 : 11) nous dit le Christ. Il nous libère.
Soigner les corps est une chose, mais si c’est en occasionnant des dégâts psychologiques et sociaux aussi importants que ceux que causent le virus, à quoi cela sert-il ?
Si je pense que l’avis médical doit être premier, je crois qu’il doit être accompagné d’une acceptation culturelle.
En France, la vaccination obligatoire pour plusieurs maladies semble être acceptée culturellement. Pourtant, la vaccination obligatoire pour la Covid-19 pose problème. Je crois que c’est tout simplement parce que le vaccin est très récent et que nous n’avons que peu de recul. Beaucoup de Français ne sont pas prêts. C’est trop tôt, il n’est pas accepté culturellement. Dans 3 à 4 ans, ce sera sûrement différent. Forcer la main, c'est violer les consciences.
Mon corps et ma conscience m’appartiennent, cela n’est pas discutable.
Le passe sanitaire est encore moins bien accepté. Pour « le Français », se retrouver, prendre du temps ensemble dans un café, un restaurant, est quelque chose d’important et fait partie de notre culture. Conditionner l’accès à ces lieux à un passe sanitaire, n’est pas culturel, mais violent et ne passe pas. Il ne viendrait à l’idée de personne de demander le carnet de santé à quelqu’un avant de lui servir à boire ou à manger.
Il est urgent de sortir du rapport de force et du conflit instaurés depuis les annonces du président.
C’est bien normal que, lui et le gouvernement, souhaitent garder la main face à l’épidémie, mais, les Français, doivent être, par le dialogue, davantage associés.
Nous devons reprendre la main tous ensemble.
Je pense donc qu’il est trop tôt pour une vaccination obligatoire, qu’un dialogue doit être instauré et que l’obligation d’un passe sanitaire pour accéder à beaucoup de lieux publics est inhumaine et inadaptée.
Jean-François Bongrand, 2021
